Un
« Bonsoir » retentissant les
stoppèrent dans leur conversation des plus calme.
Après un regard assassin pour Hugo, elle se retourna vers sa
mère pour l’embrasser.
-Maman ! Jsuis contente de te
voir !!
-Moi
aussi ma chérie ! Mais qui est ce ?!
Demanda t’elle désignant Hugo. Ton petit
ami ?
Prise de cour elle
répondit du tac au tac.
-Oui !
-Non ! Avait répondu
simultanément Hugo. Ils se foudroyèrent du regard,
pendant que la mère les regardés
perplexe.
-Bah
alors, il l’est ou il ne l’est pas ? A moins que
vous n’en êtes pas sûrs ?! Ce serait quand
même assez
étrange !
Elle le prit de
vitesse.
-Mais si, il te fait marcher, c’est
tout ! On est ensemble, mais c’est assez
récent.
-Oh ! Et comment il s’appelle
ce beau jeune homme ?
-Hum…
Nor…
Il la coupa à son
tour. La situation était assez ridicule pour rajouter un
prénom débile par-dessus le
marché !!
-Je
m’appelle Hugo, Mme…
hum…
-Solly.
-Mme
Solly, et je suis effectivement le compagnon
de…hum…
-Angela. Souffla encore
l’intéressée.
La soirée
risquait d’être comique.
-Eh
bien, Hugo ! Vous restez manger avec nous
j’espère ? J’aimerai mieux connaître
mon futur gendre ! Enfin futur… Si elle ne change pas
d’avis d’ici là ! Désolée de
vous dire ça, mais elle est plutôt volage ! Je ne
suis pas prête de devenir grand-mère avec
ça…Heureusement son frère lui est vraiment
stable, enfin le deuxième, parce que le premier… Ils
se ressemblent bien ces deux
là !
-Maman, s’il te
plaît.
Supplia Angela, morte de
honte. Il rit, dévoilant une dentition parfaite. Il
était vraiment pas moche se dit la jeune fille, se demandant
pourquoi il était allé demander ses services alors
que n’importe quelles jeunes filles rêveraient
d’avoir une nuit avec lui. Vraiment bien bâti, brun aux
yeux de couleur ambre. Une bouche invitant les baisers. Et
énormément de charme. Mais quel crétin par
contre pensa t’elle en l’entendant
déclarer :
-Euh, je ne pense pas rester, j’ai
beaucoup de choses à
faire…
A 23h45 ? Mais
c’est qu’il est crédible cet idiot ! Il a
rien trouvé de mieux ?
-Tu
nous excuses Mam’, je dois lui parler deux
secondes.
-Mais pas de problème ! Je
vais aux toilettes !
Après
qu’elle se soit éloignée, Angela se rapprocha
du jeune homme et murmura
-
Ecoutes moi bien, tu ne fais pas le chieur et tu restes, ok ?!
Il suffoqua
-J’crois qu’on se
connaît pas, nan ? Donc t’as rien a exiger de moi,
et je ne vois pas pour quelles raisons je te ferai le plaisir de
rester !
Elle se rapprocha encore
de lui jusqu’à que sa poitrine effleure la sienne. La
bouche à deux millimètres de la sienne
-Effectivement on ne se connaît
pas. Mais il y a quelques minutes, ça n’avait pas
l’air de te gêner, n’est ce pas ? Pourtant
c’était plutôt intime…
Réfléchis bien, un repas, certes gonflant, mais une
nuit, avec moi, et gratuite à cause du
dérangement…
Il lui lança un
regard pénétrant et lui fit un sourire
aguicheur.
-Dis
comme ça, ça peut s’arranger… Mais
ça manque d’argument. Embrasses
moi.
Cet ordre, dis
d’une voix sensuelle fit plus d’effets sur la belle
qu’elle ne l’aurait voulu. Elle fronça les
sourcils.
-Je
n’embrasse jamais les clients, je te l’ai
déjà dit !
-Un
client…Mais un amant ? Je suis sensé être
ton petit ami, non ? Ta mère arrive, à toi de
voir… Soit ça, soit j’me
casse.
Angela pesta
intérieurement. C’était plutôt
délicat de refuser un baiser de son mec, sa mère ne
comprendrait pas si elle voyait ça. Elle
s’était faite avoir comme une débutante
à ce petit jeu de provocation, son propre jeu.
Résignée,
elle franchit les deux millimètres restants, et ses
lèvres rentrèrent en contact avec cette bouche si
douce. Contact affolant, déclanchant une multitude
d’étincelles dans ses yeux qu’elle ferma
aussitôt. Leurs lèvres s’entrouvrirent laissant
un chemin à leurs langues qui se rejoignirent sans tarder.
C’était doux, c’était sensuel,
c’était provoquant et joueur, mais ça devenait
surtout de plus en plus enflammé. Quand elle sentit son
cœur s’emballer, Angela se détacha rapidement,
brûlante, et les jambes en coton.
Elle se retourna, et ne
vit qu’une pièce vide. Elle s’exclama
-Tu
m’as mentis ! Il n’y avait personne, elle
n’arrivait pas !
Il éclata de
rire, sadique, puis viens lui murmurer à
l’oreille
-C’était trop
tentant…
Sur ces mots, elle dut
ravaler sa colère et afficher un sourire factice, car sa
mère revenait pour de bon cette fois-ci. Elle laissa quand
même échappé un
« connard », qu’il saisit au vol, le
faisant rire de plus belle.
Finalement ils
restèrent tout les trois manger. Enfin… Disons
plutôt qu’Angela était de corvée cuisine
après un « Je te laisse préparer le repas,
ma chérie » mielleux de son soi-disant petit ami,
macho avec ça, alors que les deux autres
étaient confortablement installés sur le
canapé discutant de tout et de rien.
Ca promet, dans une
minute, elle en saura plus sur lui, que moi ! Pas difficile en
même temps…
-Ma
chérie, t’entends ?! Tu en penses quoi de son
projet ?
Cette pensée la
coupa court dans ses pensées. Gné ?
Projet ? De quoi elle parle ? Elle lança un
regard désespéré à Hugo, qui se
contentait de la fixer, un sourire narquois aux lèvres.
Genre, c’est toi qui t’es foutue dans la mouise,
compte pas sur moi pour t’aider ! Quel
lâche…
-Euh…
Intéressant.
-Intéressant ?
S’égosilla sa mère, comme si elle venait de lui
déclarer qu’elle était enceinte. Tu
oses dire que c’est intéressant ? Bientôt
tu vas me dire que les arts, tu n’en a plus rien à
foutre, c’est ça ? Dis moi, tu es tombée
sur la tête ou quoi ? Je ne te reconnais
plus !
Agacée elle
s’écria
-Nan
mais attends, j’suis en train de me battre avec les gnockis,
et toi tu me demandes comme une fleur, ce que je pense de son
projet ! Mais quel projet ? Sa futur demande en mariage,
son rêve d’aller sur la lune, de
déménager, de son job ?! Faut être un peu
plus clair quand on parle ! Aïe ! J’ne
comprendrais jamais celui qui a inventé ce système de
gnockis ! Forcément, pour les faire cuir, faut les
foutre dans l’eau bouillante, et forcément quand on
les renversent dans la casserole, ça éclaboussent
tout le quartier et moi avec ! Aïe ! Mais
c’est pas possible…
Elle se
déconnecta de la discussion se concentrant sur sa lourde
tâche : éviter de transformer en pataugeoire la
cuisine, et par la même occasion, le coin repas. Une
exclamation de sa mère l’a fit sursauter.
-Oh ! Mais tu as
trouvé la perle rare ! Il est fait pour toi celui-ci,
c’est dingue ! Vous êtes tellement sur la
même longueur
d’ondes !
C’est
ça, et moi je porte encore des couches
culottes.
Le repas se passa dans
une ambiance assez hilarante pour le jeune couple, et chaleureuse
pour la mère.
Hugo ne perdait aucunes
occasions pour faire quelques allusions perfides comme
« C’est sûr, votre fille à une
activité nocturne très
développée… », Que heureusement,
seule la concernée comprenait, et ne manquait pas de lui
écraser les pieds sous la table, afin de le faire
taire.
Le jeune homme
hallucinait en son fort intérieur. Il était en train
de dîner avec la mère d’une…pute. Et en
l’occurrence, de sa pute. Dingue ! Surtout quand on se
rendait compte qu’elle n’avait rien d’une fille
de joie, mais plutôt d’une jeune fille
passionnée et pleine de vie. Mais le temps
s’éternisait, et il bossait le lendemain matin. Il
préféra quitter la table afin de se glisser dans le
lit moelleux de la demoiselle.
Celle-ci, après
avoir rangé la table et préparé le clic-clac
pour sa mère, se trouvait sur le mini balcon à
regarder les étoiles. La soirée avait
été plutôt scabreuse, mais au final, aucunes
catastrophes n’avaient été
déclanchées.
Elle se sentait
soulagée et paisible, et avait plus envie de douceur et de
tendresse platonique, que d’aller faire des folies de son
corps avec l’autre oiseau d’à
côté.
Elle éloignait le
plus possible le moment où elle allait devoir le rejoindre
dans la chambre. Mais tombant de fatigue, elle se décida
à y aller, croisant les doigts pour qu’il ait
oublié leur arrangement.
Arrivée à
l’embrasure de la porte, elle le vit étalé de
tout son long à travers la couette, dormant à poing
fermé avec une bouille d’ange totalement
craquante.
Malgré le fait
qu’elle se sentit fondre de l’intérieur comme un
fondant au chocolat, elle pesta car il prenait toute la place. Elle
se faufila sous la couette, avec le plus de délicatesse
qu’elle pouvait pour ne pas le réveiller, en
repoussant un bras et une jambe afin de rentrer sa deuxième
fesse qui se trouvait dangereusement attirée par le vide. Il
grogna dans son sommeil.
C’est ça, oses
râler mon beau ! Je te rappelle que c’est quand
même sensé être MON lit, et que tu prends quand
même les trois quarts de la place ET de la couverture !
Jte jure ! Ce n’est pas un gars pour
rien…
Mais elle devait avouer
que de l’avoir tout contre elle ne la dérangeait pas
plus que ça… Il a la peau douce, le
con ! Elle ferma les yeux et s’éloigna le
plus possible de lui, pour n’avoir aucuns contacts avec ce
corps. Pourquoi on ne peut pas fermer le nez aussi ? Il
sent bon bordel… Se retenant de se blottir contre lui,
elle se retourna sur le ventre et finit par rejoindre
Morphée.