Grincement de porte. La nuit et sa lune apparaissent aux yeux de Cristal, dans l’encadrement de métal. Une silhouette entre dans sa cellule, la soulève du sol, et cette fois, s’épargne de la porter, et la traîne à l’extérieur… Le paysage sombre, qu’elle peut à peine distinguer, la glace.
Tout autour d’elle lui rappelle son passé, et des milliers de souvenirs.
Au milieu du grand parc, autrefois verdoyant et fleurissant, se trouve des tentes d’appoints, des véhicules en tout genre. La demeure en arrière plan, magnifique palace et œuvre d’art par sa décoration, n’est plus qu’une ruine, des trous béants dans les pierres, et noire de poudre, de sang séché…
Bienvenue au pays des horreurs, Cristal. Bienvenue chez toi.
Rien. Rien ne lui rappelle ces jours heureux, mais tout lui remémore cette nuit là. Cette nuit où tout a basculé… Elle n’y s’y attendait pas, mais alors pas du tout ! Et pour cause… Son entourage s’était tût, lui cachant la triste vérité, cette menace invisible qui prenait chaque jour de plus en plus d’ampleur… Oh ! Elle aurait pu s’en douter, surtout quand on lui a révélé ce secret inavouable, ce bien qu’elle devra à jamais dissimuler. Mais non, elle avait confiance… Confiance en eux. Peut être qu’aujourd’hui elle devrait leur en vouloir, cependant, son cœur blessé n’y parvenait pas.
Ils ne pensaient pas à mal… juste à me protéger de présent qui est arrivé bien trop vite.
Dans cette salle, au loin, avec les vitres éclatées, étaient morts ses parents. On les avait égorgés sous ses yeux, mais elle n’avait rien pût faire, son frère l’entraînant déjà dans sa fuite.
Là bas, sous les fourrés, il s’était pris une balle, et un peu plus loin… Ils s’étaient séparés.
La nuit est douce, claire, Cristal peut carrément imaginer les spectres de ces fantômes du passé, au milieu des débris.
Finalement, l’homme l’emmène vers des chaises, l’attache à l’une d’elle et la laisse.
Ok, ça, c’est fait… Et maintenant je fais quoi, hein ? Me voilà sur une chaise, en plein milieu du parc ! Et en face de moi… Une vue splendide sur la maison de mon enfance, version après guerre. Quelle ironie. Ah tiens, quelqu’un s’approche…
-Bonsoir Cristal
Ton faussement aimable. Expression faussement sincère. Je vois le genre. Encore un soit disant chef chargé de je ne sais pas quelle mission, hypocrite au possible.
-Je vois, tu n’es pas très causante.
Disons que je ne vois pas l’intérêt de l’être avec toi. Pas envie de dire quelque chose qui se retournerait contre moi !
L’homme se tourne face à la vue, et d’un grand mouvement de bras la désigne
-Belle œuvre, n’est ce pas ?
Tout dépend si on aime le contemporain…
-Du travail de pro. Pas un survivant, ou du moins quelques prisonniers. Une échappée, toi. Problème résolu. Un clef, toi. Bref, tout est parfait.
Les yeux bleus de la jeune fille s‘assombrirent, lançant des éclairs, ne pouvant retenir sa fureur glacée, elle lance
- Si réduire à néant tout sur son passage est l’atteinte de la perfection, alors on ne doit pas avoir la même vision des choses. De plus je crois que vous êtes un peu trop imbu de vous-même. Vous avez peut être tué tout le monde, massacré cette maison, mais rien ne vous mènera à ce que vous voulez, et certainement pas moi !
Il rit, moqueur, et approche son visage tout près du sien, lui montrant bien sa supériorité
-Ma chère enfant… Ne te berce pas d’illusion, tu vas être obligée de parler… Nous avons tout les moyens pour y parvenir, ne t’inquiètes pas…
Elle crache
-Plutôt creuver. La mort ne m’effraie plus depuis cette nuit.
-Oh, deviendrais tu amère ? Mais ce n’est pas un souci, tu acceptes ta mort, d’accord, mais acceptes tu de tuer ton frère ?
Un silence s’installe. Ses yeux s’agrandissent, fouillant ceux de son interlocuteur, cherchant n’importe qu’elle ruse. Mon frère… ? Ils l’ont tués, alors comment pourraient ils le faire une deuxième fois ? C’est une blague cruelle qu’il fait là…
-Mon frère n’est plus de ce monde, je n’ai donc aucune crainte pour lui.
-Ah mais ça, c’est que tu crois. Mais j’ai le bonheur de t’annoncer, que nous l’avons retrouver, en mauvais état, certes, mais vivant. En ce moment même, il a la chance de loger dans une de nos cellules, n’est ce pas merveilleux ?
Vivant, pour de vrai ? Les larmes lui brouille la vue.
-Je ne vous crois pas !
-Oh, mais c’est que tu es têtue ! Viens, on va le voir ! Mais n’oublie pas…. Tu refuses de coopérer, il est mort. Ce n’est pas ce que tu souhaites, n’est ce pas ?

flora
mar 11 nov 2008 12:31